Ne méprisez pas le "Cabot"


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Car comme le disait un orfèvre en matière de pêche..puisqu'il s'agit de Léonce De Boisset...

· Omnivore, vif, il a de l’appétit en toute saison ! Fusiforme de section ronde, puissant, il a une tête massive et une bouche large aux lèvres épaisses, ses écailles sont bordées de sombre donnant un aspect réticulé sa robe . ·

Il peut atteindre facilement 2 à 3 livres et plus, les femelles étant nettement plus grosses car elles vivent plus longtemps, et il est susceptible de prendre la mouche en surface.

Sa défense
en dehors du premier démarrage n’est pas celle d’une truite : c’est un lourd « pépère ». ·


Présent partout
en bandes nombreuses, il cohabite souvent en surface avec ablettes et vandoises mais reste toujours extrêmement méfiant ; il est en effet très circonspect et il faut le pêcher sur 14 ou 16/100 à vue si possible avec des mouches moyennes ou petites, palmers noirs de préférence dont il s’approche lentement avant de prendre tout doucement du bout des lèvres presque sans briser la surface ou … de refuser !

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Alors, à vos cannes!!

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"Truite vue, truite foutue"....disait H Bresson auquel, vu sa qualité et ses résultats, personne n'a jamais osé opposer de démenti......

Par contre eut-il dit la même chose pour le "Cabot" , terme employé en Franche comté pour le Chevesne........?? Pas sûr, car il était assez fin pêcheur pour savoir que ce"mal aimé" en première catégorie
s'il n'avait ni la défense des salmonidés ni leur valeur culinaire, était un rusé compère et que sous son apparente nonchalence il faisait preuve d'une méfiance telle qu'il s'avérait un adversaire redoutable pour le moucheur assez naïf et inexpérimenté pour s'imaginer
leurrer facilement ce soi disant lourdeau en lui présentant une mouche que les salmonidés engamaient sans sourciller....ah ouiche....nombreux d'entre nous, et pas des moindres, se sont "cassé les dents" sur ce cabochard jamais pressé d'engamer une mouche qu'il vient renifler en surface , avec circonspection, en prenant son temps, voire en la repoussant du museau avant de tourner les talons, méprisant, souvent....pas toujours, mais souvent!!

La lecture sur un forum voisin d'une discussion qui résume bien l'essentiel de ce qui peut se dire à ce sujet m'a décidé , grace à la qualité des échanges, à faire le point pour rendre justice à ce "blanc" que d'aucuns ont tendance à mépriser , faute sans doute de s'y être vraiment frottés et de réaliser qu'il s'agit d'un adversaire difficile à vaincre......bien qu'apparemment "mou du genou"...tant il est vrai qu'il faut se méfier de l'eau qui dort!!!

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Tout d'abord une attitude à condamner et que l'on veut voir disparaître, propre a certains moucheurs de premiére catégorie humiliés de sortir un "blanc" à la place du salmonidé qu'ils espéraient......,au point de le jeter comme un nuisible...!

 

Et puis la honte du gamin craignant d'être reconnu comme un pêcheur de chevesne, poisson dénué du titre de noblesse de salmonidé et donc indigne de la mouche....

 

Et la contrariété de celui qui, habitué à sa première catégorie la voit colonisée par les chevesnes alors que diminuent les salmonidés,
sans peut-être réaliser que ce sont les activités humaines, donc les siennes, qui sont responsables du réchauffement des eaux qui deviennent impropres à la survie des salmonidés, mais confortables pour le chevesne qui n'est pas responsable mais ne fait que coloniser un site qui sans lui serait devenu désert...
...

 

Mais, Dieu merci, les mentalités changent, témoin le gamin qui avait honte d'être surpris à pêcher le chevesne et qui a grandi en âge et en sagesse comme en témoigne cette très fine analyse du comportement du chevesne lorsqu'il "refuse"

 

 

illustrée également par un autre admirateur de cette" bien jolie cible"

et qui sait apprécier "le régal de leurrer ce diable de poisson"

comme un autre de pouvoir en seconde catégorie, déjouer sa ruse quand la première catégorie est fermée

Certains qui les trouvaient "bébêtes et pas intéressants" ont changé d'avis après une cuisante leçon d'humilité

D'autres leur doivent leur "vocation mouche"

 

bien que ça ne soit pas toujours simple de leurrer ces diables de poissons

 

Et pour beaucoup, justice est enfin rendue à ce poisson plus malin qu'une grosse truite et adversaire idéal pour débuter et également pour se perfectionner!!

 

sur lesquels plusieurs se sont "cassé les dents"

 

mais qui cependant peuvent amener certains à une vraie déclaration d'amour!..

et se laisser quand même prendre parfois "bêtement"


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Alors , puisqu'on a "remis les pendules à l heure", respectons les cabots, mais également les vandoises ,

voire les rotengles qui m'ont sur la Loire fait passer une après midi de folie

et pourquoi pas les ablettes si rapides qu'elles peuvent mettre à rude épreuve les nerfs de celui qui ferre si souvent trop tard, dans le vide...

Tous ces "blancs" sont à apprécier pour leurs qualités indéniables qui peuvent en faire des adversaires très estimables....non salmonidés, certes...mais quand on pense que les Anglais ont longtemps jeté au fumier les ombres qu'ils capturaient bien involontairement en pêchant la truite......comme quoi tout est relatif..!!.

Si tu pêches régulièrement le chevesne, je peux en toute humilité te donner un conseil pour les gros spécimens (ou pour les moins gros aussi)
Si tu les pêches à vue, essaie de poser ta mouche 10 ou 20 cm derrière le poisson. 9 fois sur 10 il se retourne et prend sans chercher à comprendre...
Si tu lui poses en amont, tu peux le faire monter aussi, mais souvent il se taille ou observe scrupuleusement l' imitation et c' est tout de suite plus compliqué.
J' avais fait l' expérience avec un gros chevesne (55+)de la Briance (vers chez moi). Je l' avais repéré et j' ai jeté derrière lui un petit morceau de bois..
il s' est retourné et il a gobé le morceau de bois. Puis il l' a recraché bien sûr. J' ai renouvelé l' expérience 30 secondes après et bingo il l' a regobé !!
Je l' ai piqué sur un sedge... et je me suis fait démonté, mais bon, je te garantis que cette technique est efficace.
En fait le chevesne se promène souvent, surtout en cette période estivale et se nourrit de ce qui tombe à l' eau (insectes, sauterelles, mûres...).
Il est curieux mais en réalité très méfiant (souvent plus que les truites). Il peut être un super compagnon de jeu, et aussi nous enseigner la patience.