Maurice Simonet: Le "Maître"
(1893-1971 )

Maurice, Cyrille, Théodor Simonet naquit le 24 janvier 1893 à Ney au bord de l'ain

Il fournissait les truites à l'hôtel Ripotot de Champagnole, et, par ailleurs, assurait le gardiennage du parcours. de pêche que Gabriel Ripotot louait sur la rivière d'Ain pour ses clients.

Après la mort de son épouse, âgée seulement de 42 ans,Maurice Simonet assuma seul l'éducation de ses enfants De l'ouverture jusqu'à la fermeture de la pêche, il pêchait sans relâche pour nourrir sa famille car le reste de l'année, à son établi, comme son père, il exerçait le métier de sabotier., il succomba très tôt à la mouche artificielle, mode de pêche qu'il pratiqua toute sa vie.

Comme l'homme des temps les plus reculés, à la pêche comme dans les bois, il se déplaçait sans aucun bruit !Il avait confectionné lui-même sa canne à mouche dans une rame de frêne. Le scion en bambou noir prolongeait une perche peinte en vert d'un poids inimaginable, qu'il maniait avec une virtuosité confondante des heures durant. Charles Ritz témoigna d'ailleurs du talent de Maurice Simonet en lui consacrant plusieurs pages dans son ouvrage "Pris sur le vit" publié en 1953. Ebahi par cette canne, certes efficace mais tellement lourde,

Charles Ritz lui fit fabriquer une canne de trois mètres en bambou refendu, en trois brins, correspondant à l'action souhaitée, chez Pezon et Michel à Amboise. Maurice Simonet l'adopta et pêcha dorénavant avec ce " nouvel engin", digne de son talent. Bien entendu, il confectionnait lui-même ses mouches. très simples qui se réduisaient à deux modèles: une rousse à corps rouge et une grise à corps jaune, déclinées en teintes plus ou moins soutenues et en deux tailles.

En action de pêche, le maître mot de Maurice Simonet était la discrétion. II n'effectuait que très peu de . faux lancers; la canne, actionnée semi-horizontalement ou en revers, lui permettait de poser sa mouche avec une délicatesse extraordinaire, sans jamais faire passer sa soie au-dessus du poste repéré. Sa vue perçante lui permettait souvent de localiser le poisson et, ainsi, de le pêcher avec intelligence. Lorsque la truite ou l'ombre était ferré, Maurice Simonet le déséquilibrait en le ramenant promptement sur le côté et œuvrait avec son épuisette, avant même que le poisson ait pu se ressaisir et nourrir l'espoir d'une fuite éventuelle. Immédiatement immolé, le poisson était soigneusement placé dans l'immense panier, rejoignant les autres dépouilles.

 


A son époque, il était le meilleur, il estimait
à l'approche de la cinquantaine en 1945, avoir pris dans l'Ain, en 40 ans de pêche,100.000 poissons dont 2/3 de truites, 1/3 ombres, il fut le maître de Aimé Devaux

Tony Burnand, Charles Ritz, Léonce de Boisset, qui en virent d'autres, en France et à l'étranger, reconnurent en lui une supériorité incontestable. Maurice Simonet a pêché d'autres rivières que la rivière d'Ain, et il y réussit de la même manière. .

Simple sabotier à Ney, discret et humble, il demeure le plus célèbre de nos pêcheurs sans jamais pour autant s'être exposé aux feux de la rampe. Isaac Walton a été baptisé par les littérateurs " père des pêcheurs ".

Admettons que si le " père " des pêcheurs est anglais,

le " maître ", quant à lui, est français. Il s'appelle Maurice Simonet et il eut comme élève prestigieux "mémé Devaux" comme en témoigne "Vincent Lalu"