|
Caractéristiques physiques et fonctionnelles
des cannes à mouche et leur montage
Source de discussions infinies, la canne
à mouche est un superbe outil qui ne peut être choisi à la légère
1°/ LES MATERIAUX
Autrefois, en bambou refendu (6 pans collés en hexagone) encore fabriquées
par des artisans conservateurs, esthétiquement superbes mais nécessitant un
entretien fastidieux, ces cannes sont chères, plus lourdes et moins performantes
que les matériaux modernes.
La fibre de verre célébrée comme une nouveauté retentissante dans les
années 70, mais qui donnait des cannes épaisses, lourdes et lentes car très
molles, est également rangée au placard au profit du matériau roi :
La fibre de carbone aux qualités mécaniques incomparables : résistant,
50 % plus léger que le bambou et la fibre de verre, c’est un matériau puissant
à haut module d’élasticité rapide, présenté en tubes assez épais avec lumière
réduite d’où un diamètre extérieur réduit également dont le profil peut être
très progressif. Une canne en carbone reste abordable car on en trouve aujourd’hui
des correctes pour débuter aux alentours de 100 euros
2°/ CARACTERISTIQUES PHYSIQUES
1) Longueur :
elle est
traditionnellement exprimée encore aujourd’hui en pied anglais de 30,4 cm :
une canne de 8 pieds (2,43 m) est une canne courte, une de 9 pieds (2,74 m)
est déjà longue, le « standard » est à 8'5 pieds (2,58 m). Il faut
savoir qu’à l’usage un demi pied soit 15 cm représente déjà une différence notable
car très perceptible en action de pêche. La dimension de la canne est inscrite
sur le talon en pieds mais également de plus en plus souvent en mètres. Il est
plus facile d’apprendre à fouetter avec une canne longue qui contrôle mieux
la soie et qui à profil identique sera plus lente et plus douce qu’une plus
courte.
Par ailleurs le pied fait 12 inches et la même canne peut être affichée
9'5 ce qui signifie 9P et demi
(en décimales), ou 9'6" ce qui signifie
9P 6 inches soit...
9P et demi également en décimales!!
2) Le poids :
actuellement
les cannes en fibre de carbone pèsent toutes moins de 100g , 75 g pour une 8,5
pieds, ce poids est souvent marqué également sur le talon.
3) Le nombre de brins :
la plupart
des cannes sont en deux brins égaux mais pour des commodités de transport, certaines
sont en 3 à 5 brins mais la multiplication des viroles alourdit et fragilise
l’ensemble dont l’action est également un peu modifiée. Certaines cannes ont
été conçues en deux brins d’inégale longueur dans le but de modifier l’action
du Blanck initial. Nous en reparlerons
3°/ CARACTERISTIQUES FONCTIONNELLE
1) La puissance
La puissance d'une canne
à mouche est déterminée par sa raideur dont dépendra sa capacité à propulser
le poids des 9,14 premiers mètres de la soie. Cette raideur dépend
de la texture du blank mais surtout la conicité des brins
:
- si la conicité est forte : la canne est raide,
or plus une canne est raide plus elle est puissante
- si la conicité est faible : la canne est souple, donc moins puissante
La puissance intrinsèque
est définie
par le test de courbure qui détermine le poids qui suspendu à la pointe du scion,
le plie en angle droit par rapport au talon de la canne ; cette puissance
est exprimée en livres (Lbs) de 454 g.
La puissance de lancer

pour une canne à lancer,
c’est le poids que la canne lance de façon optimale: pour une puissance intrinsèque
de 3 livres soit 1362 g, la puissance de lancer calculée de façon empirique
à partir de la puissance intrinsèque à l'aide de deux coefficients 20 et 60
-minimum sera de 1362 : 60 = 23 g
-maximum sera de 1362 : 20 = 68
La puissance "arrondie" de cette canne à lancer sera donc de 20 à
60
pour une canne à mouche,
- la puissance de lancer sera représentée par le poids des
30 premiers pieds de la soie (9 m longueur moyenne habituelle utilisée) que
la canne maintiendra en l’air avec le plus d’aisance.
- Or, les normes AFTMA définissent les soies en fonction
du poids de leur 9 premiers mètres par des numéros de 1 à 12 selon le tableau
suivant:
AFTMA ........ 1.........2.......3.......4.......5........6.........7.......8........9........10
.........11........12
Poids/g....... 3,9.......5,2....6,5.....7,8....9,1.....10,4.....12....13,6....15,6.....18,1......21,4......24,6
- Si 10 g représentent l’optimum de la canne considérée,
soit le poids utilisant au maximum ses possibilités, et à ne pas dépasser,
on pourra considérer qu’il représente la puissance de lancer maxi qui multipliée
par 20 donne une puissance intrinsèque de 200 g : cette canne selon le
tableau lancera de façon optimum une soie 5 ou 6 et ce sont ces chiffres inscrits
sur le blanck au dessus de la poignée de la canne qui expriment sa puissance
- Cette puissance dépend essentiellement du matériau
et de son profil et non pas de la longueur.
Il existe une façon simple de déterminer le numéro
de la soie adaptée à la puissance d’une canne
1)Poser la canne sur une table de façon à ce que la poignée seule
soit en contact avec le plateau et que l’extrémité supérieure de celle-ci soit
en alignement avec le bord du plateau. (Donc canne horizontale).
2)Passer une soie ou un fil de nylon à travers les anneaux.
3)Attacher une masse au bout de la soie de telle sorte que la
canne fléchisse sur une hauteur équivalente à 10% de la distance qui sépare
la pointe du scion de la poignée.
*sur une table de 70 cm de haut, une canne qui fait 200cm de la pointe à sa
poignée doit fléchir de 20 cm. Soit une distance par rapport au sol de 70-20
= 50 cm
4)mesurer la masse qui provoque cette flexion par exemple 25
gr
5)Déterminer la raideur 25gr / 20cm =
1,25 gr/cm
6)Se reporter au tableau suivant
Plage de rigidité (gr/cm)
n° de soie recommandé
0.55 - 063
------------------- # 3
0,63 – 0,75
------------------- # 4
0,75 – 0,86
------------------- # 5
0,87 – 1,02
------------------- # 6
1.03 – 1,18
------------------- # 7
1,19 – 1,38
------------------- # 8
1,38 – 1,63
------------------- # 9
1,63 – 1,97
------------------- # 10
1,97 – 2,32
------------------- #11
2) La rapidité

- Elle se mesure sur une canne maintenue par la poignée
horizontale dans un étau et à l’extrémité du scion de laquelle on donne des
impulsions afin de la faire osciller : le nombre de battements par minute
définit la rapidité : à 120, la canne est lente, au dessus de 150, elle
est très rapide.
- Elle est indépendante de l’amplitude.
- Elle est fonction du matériau (le carbone est plus
rapide que le refendu et la fibre de verre à longueur et profil identiques).
- Elle est inversement proportionnelle à la longueur.
- Elle est proportionnelle à la conicité.
-Une canne courte très conique sera plus rapide qu’une canne longue moins conique.
-Les cannes rapides (américaines) sèchent mieux la mouche, ferrent mieux (attention
à la casse) mais ne pardonnent pas une faute de rythme.
-Les cannes lentes sont plus faciles car elles rattrapent certaines maladresses
et permettent des posers plus légers.
3) Action selon la flexion
Les cannes à mouche peuvent être d'action de pointe (rapide),
d'action +/- parabolique (lente) ou d'action progressive (action variable en
fonction de la gestuelle du lanceur).

- Elle est définie par la courbe de flexion qu’imprime
à la canne maintenue horizontale un poids donné suspendu à l’extrémité du
scion.

a) la flexion se fait en premier uniquement au niveau de la pointe
On dit que la canne a une action de pointe, elle est
rapide et convient très bien à la pêche en sèche et en nymphe
b) la flexion est d’emblée plus étendue sur
le corps de la canne
et l’on a une canne d’action intermédiaire « semi parabolique »
, moins rapide, plus facile pour les débutants,la plus fréquemment rencontrée
chez les fabricants et qui convient pratiquement à toutes les pêches: sèche,
nymphe, noyée ou streamer, ce sont les plus courantes.
c) la flexion se fait sur toute la longueur de la canne jusqu’au talon
et l’on a alors une canne d’action « parabolique » qui fléchit
jusqu'au talon ce qui se ressent jusque dans la poignée, et qui conviennent
très bien surtout à la mouche noyée traditionnelle!
- Elle est essentiellement fonction pour le même
matériau de la conicité du profil.
Une canne de conicité régulière de 3/1000 aura une action de pointe, alors
qu’une canne de conicité 1,4 à 2/1000 pour le talon et 3/1000 pour le scion
aura une action plus parabolique.
Une canne d’action de pointe battra sur une
courte longueur (la pointe) donc plus rapidement qu’une canne parabolique de
même longueur dont les oscillations concerneront toute la longueur (puisque
la rapidité est inversement proportionnelle à la longueur) : à longueur
égale, une canne d’action de pointe sera donc plus rapide qu’une canne parabolique.
Une canne assez légère
de 8,5 à 9 pieds, de puissance moyenne 5 à 6, d’action semi parabolique et de
rapidité moyenne sera la plus confortable et en tous cas la plus facile pour
le débutant entre la petite trique trop rapide et la queue de vache trop lente
4°/Montage
1)Le
Blanck et son épine
Définition
Le blanck représente le corps de la canne. Il est constitué d’un tube de fibre
de carbone coupé en plusieurs brins lorsque les emmanchements sont "spigots"
à l'aide d'une carotte rajoutée ensuite comme mandrin , ou de plusieurs brins
fabriqués séparément quand les emmanchements dont classiques, en principe de
longueur égale.
Le blanck est plus ou moins épais et conique selon la puissance et l’action
de la canne
Procédé de fabrication
Les blancks sont réalisés par enroulement de feuilles de la fibre de carbone
sur un mandrin - comme lorsque l'on roule une feuille de papier en "cornet".Bien
que les "feuilles" soient taillées en trapèze, ce procédé entraîne
en pratique quasi inévitablement une surépaisseur d'un côté, avec par exemple
4 épaisseurs d'un côté et 5 de l'autre. Le côté le plus épais du blanck , plus
rigide, est appelé arête ou épine, tandis qu'on appelle
ventre le côté le moins épais et donc le moins rigide.

mais en fonction de l’enroulement……plusieurs cas de figure
peuvent se présenter :

*s'il est vrai que le premier schéma simple classique de l'épine
avec 5 couches face au ventre avec 4 est utile car clair pour la compréhension,
tout comme les 4 suivants qui représentent d’autres cas de figure…
*la réalité est plus complexe: une Boron II X Winston comporte
6 feuilles de fibre carbone et une de boron.. ..Si plusieurs feuilles
sont enroulées décalées, il peut ne plus avoir d'épine ni de ventre .mais
cela est sans importance car ce qui compte vraiment, c'est ce qu'on constate
en pratique et:
*soit il y a une épine que l'on détermine facilement (schémas 2,3,4
)...c'est le cas le plus fréquent....et il faut évidemment en tenir compte...
*soit il n'y en a pas, cela peut arriver (schéma 1) et dans ce cas ....on
n'a pas de choix à faire
A partir, du moment où l’épine existe,(2,3,4) elle est perceptible
et repérable, sauf lorsqu’elle est très réduite (1), !
Par ailleurs, si l'enroulement est fait avec 2 feuilles ou
épaisseurs de carbone décalées et non avec une seule, on peut obtenir,
alors, un blanck avec deux épines et deux ventres face à face dont l'importance
peut varier en fonction du décalage des deux feuilles l'une par rapport à l'autre,
mais le repérage est possible également, et ces deux épines expliquent la réponse
que m’a faite un monteur professionnel à ma demande de placer les anneaux sur
le ventre :
« En principe aucun problème pour moi pour vous faire ce genre de canne
les anneaux sont toujours montés dans ce sens, mais comme maintenant
sur la plupart des blanks il y a 2 épines ,on peut les mettre dans un sens
ou dans l'autre » .

Comment localiser l'épine :
. Il est important de localiser l'épine pour placer correctement les anneaux.
(pour faciliter la compréhension et la visualisation des rotations du
blanck, il sera représenté dans les schémas qui suivent équipé d'anneaux sur
le ventre et/ou sur l'épine...mais pour tester un blanck nu avant montage il
faudra le marquer en collant sur sa circonférence une ou plusieurs repères colorés)
Les lois de la physique et de la résistance
des matériaux font que :
·
un
blanck qui présente une épine et un ventre présentera toujours à
la flexion libre le ventre à la concavité et l’épine à la convexité (1)
·
un blanck
qui présente deux épines et deux ventres diamétralement opposés présentera toujours
à la flexion libre ses ventres l’un à
la concavité, l’autre à la convexité,
les épines
diamétralement opposées également se retrouveront
latéralisées à 90° (2)

Le Blanck étant vertical, classiquement on exerce une pression sur l’extrémité
ce qui entraîne sa courbure dont la convexité situe l’épine ;
Pour plus de sensibilité et de précision, on peut faire reposer
à chacune de ses deux extrémités, le blanck horizontal sur un support
très étroit garantissant un frottement minimum, deux crochets par exemple

et exercer en son milieu une traction vers le bas avec un crochet
bien lisse et également un frottement minimum, pour le fléchir de façon
significative, au besoin et le faisant vibrer par des tractions successives
rapides et en répétant plusieurs fois l'opération..:

on peut alors se trouver devant plusieurs cas de figure :
1/Le blanck à la flexion ne tourne pas sur lui-même: quelle que
soit la position donnée au départ, il la conserve toujours, et ce après plusieurs
essais : on a affaire à un blanck neutre sans épine, ce qui peut théoriquement
occasionnellement se produire!
2/ Le blanck tourne à la flexion et présente toujours, quelle que soit
sa position de départ qu’il faut faire varier, sa même face à la convexité
et à la concavité : la convexité est l’épine, la concavité le ventre d'un
blanck à une épine!

3/Le blanck présente à la concavité ou à la convexité toujours sa même face
ou..sa vis-à-vis à 180°……..ce qui signifie que ce blanck a deux épines et deux
ventres…..
*et que dans ce cas ce sont les ventres qui pour une simple raison de physique
se positionnent l’un à la concavité, l’autre à la convexité, et indifféremment
l’un ou l’autre …
*et les épines diamétralement opposées également sont alors l’une à droite
et l’autre à gauche, indifféremment l’une ou l’autre également… et si les anneaux
on été positionnés sur l'épine d'un tel blanck, à l'épreuve de flexion
ils se présenteront à droite et à gauche , à 90° des ventres localisés
eux en haut et en bas

En action de pêche, lors du combat,on retrouvera ce positionnement
des anneaux qui effectivement se "latéraliseront" par rotation de
la canne si la main obéit à sa sollicitation , et ce qui explique,
si la main résiste, la rotation parfois constatée du scion sur le talon
quand l'emmanchement n'est pas assez serré !

s'ils sont sur un ventre ils seront soit sur la concavité soit sur la convexité,
mais interchangeables entre elles en toute stabilité

Après
avoir recherché l’épine sur chaque brin, on la repère sur chacun pour bien
les aligner car les anneaux seront fixés soit sur l'épine ou « une »
épine , soit à l'opposée sur le ventre. ou « un » ventre .selon
le type de stabilité que l’on recherche !
mais sur les blancks à deux épines, le positionnement sur
le ventre est le seul à garantir la stabilité
Blanck et action de la canne
Il est possible d’intervenir sur le type d’action du blanck : en raccourcissant
le talon on accentue l’action de pointe alors qu’en l'allongeant sous la poignée
on obtient une action plus parabolique. Il ne faut par contre jamais raccourcir
la pointe du scion, sous peine de modifier complètement l’action et la puissance
d’une manière imprévisible.
2) les anneaux
a)Principe
Ils servent à conduire la
soie lorsque la canne travaille pour
- l'écarter et l'empêcher
de "coller" au blanck
et pour
- minimiser le "ventre"
qu'elle peut développer entre deux anneaux ce qui fermerait son angle de réflexion:
L’angle que fait la soie sur chaque anneau doit être le plus ouvert possible
pour diminuer les frottements.
Il faut donc se rapprocher
le plus possible de l’angle de 180 degrés (plat)
L’augmentation
du nombre des anneaux permet d’augmenter cet angle et de diminuer le frottement
sur chacun, en éliminant le risque de "ventre" de la soie , mais la
multiplication des anneaux multiplie les points de frottement ce qui peut annuler
et même inverser ces effets bénéfiques, d’où la nécessité de bien définir le
nombre optimum des anneaux dont l'importance est bien objectivée par la gène engendrée
au lancer par " l' anneau manquant" lorsque l'on "oublie"
un anneau en passant la soie!!
b) Nombre d'anneaux
En plus de l’anneau de tête de scion, le nombre d’anneaux
doit être égal au nombre de pieds de longueur de la canne +1, en arrondissant
à la longueur entière la plus proche :
8,6 pieds = 9+1=10 anneaux (+ anneau de tête)
6,2 pieds = 6+1=7 anneaux (+ anneau de tête)
c) Caractéristiques :
Les anneaux serpentiformes sont plus légers que les monopattes
mais la nécessité de deux ligatures vernies sur les deux pattes en augmente
le poids et la contrainte sur la canne
La surélévation des monopattes empêche la soie de coller
à la canne qu’ils contraignent moins
Les anneaux chromés dur ou en céramique assurent une meilleure
résistance et une glisse maximum, elle même est favorisée par un grand diamètre
c’est ainsi que le diamètre intérieur de l’anneau de départ doit avoir un mm
de plus que le numéro de la soie qu’il guide: soie de 4, anneau de départ D=5mm
d) Positionnement par rapport à l’épine :
*alignement sur l’épine qui sera
ainsi ventrale :
-la canne est stable lors
de l’impulsion pour le lancer avant lorsque le poids de la soie la plie vers
l’arrière et que la face ventrale correspondant à l’épine est convexe ;
par contre,
-la canne est instable et aura tendance
à tourner de 180 degrés lors de la flexion ventrale au cours de la lutte avec
le poisson, et au cours de l’arracher car l’épine cherche à échapper à la face
concave pour tourner sur la face convexe.
*alignement
à l’opposé de l’épine qui sera ainsi dorsale :le résultat est inverse :stabilité
lors de l’arracher et du combat, instabilité lors du lancer avant.
Il en ressort que :
-En action de pêche, l’important
est la stabilité pendant le combat avec le poisson et il faut donc que les anneaux
soient alignés à l’opposé de l’épine qui sera dorsale
-En concours, l’alignement
des anneaux sur l’épine qui sera donc ventrale pourra améliorer la précision
lors du lancer avant
e) Positionnement sur la longueur :
Le bon positionnement des anneaux sur la longueur du blanck vise à optimiser
la répartition des charges sur ses différents segments lorsqu'il travaille
* pour lui imposer alors un minimum de contraintes
* tout en lui permettant un rendement optimum dans la tenue de la ligne
et donc du poisson lors du combat.
-Ce positionnement qui dépend des caractéristiques physiques du blanck
et de sa conicité,
*est défini par les ingénieurs de fabrication avant montage industriel,
et pour aider les monteurs amateurs certaines marques qui commercialisent les
blancks "nus" publient les cotes à respecter dans ce positionnement
!
*peut être réalisé d'une façon plus empirique par la méthode classique
consistant sur un blanck en flexion à déplacer les anneaux fixés provisoirement
afin d'égaliser les flèches entre les cordes de la soie et les arcs du blanck,
le positionnement est alors considéré comme "correct", ......sans
qu'il en soit donné d'explication un tant soit peu "scientifique"....mais
la méthode semble avoir fait ses preuves!!!
Pour l'appliquer on procèdera de la façon suivante:
•l’anneau de départ de bonne taille en céramique mono patte, surélevé,
sera situé entre 70 et 90 cm de la base du moulinet.
•l’anneau de pointe du scion :le plus
léger possible, chromé dur ou céramique sera collé à l’époxyde sur le Blanck
en respectant l’axe de l’épine.
•le premier anneau après la pointe sera
de 10 à 12 cm du précédent au maximum.
•les autres seront disposés successivement
en allongeant leur écartement chaque fois de 2 cm par rapport au précédent et
fixés provisoirement, puis sur la canne
fixée à 45 degrés on passera la soie avant de suspendre à son extrémités un
poids de 50g pour provoquer une courbure de 80°:.
En effet: pour que la distance entre la soie et la canne fléchie
soit partout la même entre les différents anneaux, on va l'égaliser en la mesurant
et pour que la mesure soit plus facile, on va exagérer la flexion
de la canne, fixée à 45° de l'horizontale, en suspendant à son extrémité
un poids de 50g !
Cette flexion exagérée va produire un écartement maximum
de la corde ( soie ) par rapport à l'arc de la canne, écartement représenté
par les flèches dont la mesure comparative entre les différents anneaux
sera ainsi plus facile , ainsi que leur égalisation par déplacement
des anneaux:
* rapprocher deux anneaux diminue la flèche,
* les écarter l'augmente: et on constatera que
effectivement
.............. sur une canne à action de pointe dont
la pointe fléchit beaucoup sur une courte distance les anneaux , une fois égalisées
les flèches grâce à leur déplacement, seront plus rapprochés en pointe que plus
bas alors que
..............sur une canne semi parabolique la différence
sera moindre et
..............sur une canne dite parabolique les anneaux
seront encore plus régulièrement répartis....(alors que sur une canne qui fléchirait
en arc de cercle parfait; ils seraient tous équidistants..!)
Il ne restera plus alors qu'à réaliser leur fixation définitive
par ligature
Cette procédure de positionnement des anneaux , est parfaitement
illustrée sur le site de
Alain Preaux
f) ligatures
effectuées soigneusement et vernies avec un vernis à deux composants. l’idéal
étant de faire sécher ce vernis sur une canne horizontale qui tourne sur son
axe pendant le séchage ce qui assure une régularité parfaite de l’épaisseur
du vernis.
3/ Les poignées
Généralement réalisée en liège, la poignée peut prendre différentes formes:
-Ultra fine sur
les petites cannes de 5 à 7 p légères et nerveuses
-Forme "cigare"
des plus agréables et confortables sur les cannes "passe-partout"
de 7p à 8p6, destinée théoriquement à la prise en mains avec l'index,

-supplantée pour certains
par la forme "demi-cigare"
-Poignée cylindrique
plutôt destinée à la prise avec le pouce
-Poignée "Ritz"
très bien adaptée aux cannes plus longues et puissantes de 8p6 à 11 p

En fait tout est affaire de "goût", l'essentiel est de choisir une
poignée bien "à sa main" et pour cela, la "prise en main"
est le seul test déterminant!
4/Porte moulinet :
le plus simple est représenté par un simple culot au talon et un anneau
qui peut glisser

mais la majorité des cannes sont désormais montées avec des porte
moulinets à vis qui bloquent mieux le moulinet

|