Lancer, Poser,
ferrer
LA TECHNIQUE DU FOUET
- N'oubliez pas: cela s’apprend
au bord de l’eau avec un aîné, canne montée y compris moulinet et bas de
ligne correct terminé au début par un brin de laine ou une mouche sans hameçon
...en deux heures ,.... disons plutôt deux fois une
heure car pour l'impétrant , l'apprentissage est fatigant... mais
ça vaut le coup.....!!
- Je reviens des Pyrénées ou j'ai initié mon futur
gendre......une heure au bord du lac des Bouillouses et puis une heure
au bord d'un petit réservoir où il a pris seul deux poissons...ça y est,
il a le bon geste...il s'est fait martyriser et engueuler pendant 2h mais
le bon geste, malgré un vent à décorner un cocu...il l'a enregistré...il
lui reste une quarantaine d'années, minimum, pour l'améliorer....mais il
a évité tous les défauts auxquels n'échappent pas les débutants "isolés",
grâce au vieux c...collègue que je suis et qui lui a tenu la main....alors...ne
commencez pas seul..et voila ce que vous apprendra le "senior"
qui vous prendra en mains.

Les Anglais, prestigieux précurseurs en matière de pêche à la
mouche, ont longtemps préconisé de fouetter "classiquement" uniquement
avec le poignet, coude figé collé au corps, dans l' attitude
guindée de la Lady tenant sa tasse de thé, (mais sans obligation de lever
le petit doigt).... que la main soit complètement fermée sur la poignée ou
que le pouce soit allongé sur sa face supérieure!
- Le lancer "Autrichien" de
Hans Gebetsroither au contraire, utilise tout le membre supérieur par
la rotation de l'épaule et un peu du thorax et non plus le poignet
qui au contraire reste dans le prolongement de l'avant bras, raide, comme
le coude fléchi à 90°, index allongé sur la poignée visant le point
du poser !Datant de l’après guerre, il nécessitait une canne courte
et surtout raide, puissante et rapide, de préférence une soie WF,.. il est
moins adapté aux cannes actuelles carbone plus souples!
- Le lancer français classique de l'école Franc comtoise
en particulier, pouce allongé sur la poignée, met en jeu l'avant
bras, allongeant la canne d'autant, grâce à la mobilité du coude alors
que le poignet reste droit mais pas raide ( Bresson m'avait attaché
le talon de ma canne au poignet avec un bout de chambre à air après m'avoir
regardé fouetter et conseillé de garder ce lien un mois pour prendre "le
pli".....dont acte ..!) et l'épaule immobile mais souple, et se fait,
dans l’éventail classique de 90°,
11 heures 2 heures vu du profil droit
(2 h moins 5 ou 11h10)

1heure-10h vu du profil gauche
( 1h moins 10 ou 10 h 5)

Pouce : Allongé le long de la poignée, au dessus du moulinet
, mais on peut également allonger plutôt l'index
, ce qui évitera d'incliner trop la canne vers l'arrière!
Poignet droit
(attaché au talon par un lien élastique au besoin pour l'apprentissage)
car son angle avec le talon de la canne doit rester minimum et doit très peu
varier au cours des lancers et comme l'écrit
Joan Wulff:
".......L'extrémité du talon reste contre l'intérieur du poignet
pendant tout le lancer arrière....pendant le lancer avant appuyez sur la poignée
avec votre pouce tout en tirant en arrière avec vos 4 doigts pour coller le
talon de la canne contre votre poignet......."

Epaule souple mais immobile
Le coude seul, travaille :
il est écarté de 20 cm du thorax, l’angle bras thorax = 30 à 40°

LE LANCER

1/ Sortir 3 à 5 mètres
de soie
2/ Arracher vers
l’arrière par un double geste:
-La main gauche qui a repris la soie au ras de la poignée entre moulinet et
premier anneau s'abaisse en direction de la hanche gauche et tend
et raccourcit ainsi la longueur de soie sur l'eau ce qui favorise
l'arracher, tout en en sortant une nouvelle longueur du moulinet qui s'élève
tandis que
-Par flexion du coude, la main droite se projette à hauteur de l'épaule, la
pointe de la canne visant le ciel au plus haut, seul moyen pour que la soie
n’aille pas « pêcher » les marguerites derrière soi, et un
peu à l’extérieur c’est à dire vers la droite pour les droitiers
3/ Arrêter la canne quasiment
à la verticale (la pointe flexible ne devant pas dépasser 11 h ou 1h )
pendant 1 à 2 secondes pour laisser à la soie le temps de se dérouler complètement
vers l’arrière et tendre ainsi la canne : regardez la se dérouler vers
l’arrière en tournant la tête.
**********
(
Ici une variante du temps suivant à savoir "l'impulsion"
par laquelle la canne bandée par la traction de la soie déroulée vers
l'arrière
va
la renvoyer vers l'avant )
**********
4/ La propulser seulement
alors vers l’avant, quand son complet déploiement arrière garantit la progression
vers l'avant d'une boucle qui sera ainsi "serrée"et précise, en
visant 2 mètres au dessus de l’eau pour qu'elle se déploie à l'horizontale,
canne à 2h ou 10h et en ramenant la pointe de la canne plutôt vers
l’intérieur (se rapprochant de l’oreille ) : elle décrit ainsi une
ellipse qui évitera l’accrochage de la mouche à la jonction soie
bas de ligne , « bouclage » qui arrive très fréquemment si
on fouette dans le même plan.!
-Lorsque la soie termine
son déploiement vers l'avant
la main gauche s'ouvre libérant la
réserve de longueur sortie
au début du
précédent arracher en un mini shoot allongeant la longueur de soie déployée
d'autant ....
- avant de remonter en direction du moulinet pour reprendre la soie
et la sortir avec l'arracher suivant
5/ Fouetter ainsi sans arrêt
jusqu’à avoir sorti la longueur de soie désirée pour le poser à la fin du dernier
shoot avant
Les quatre principaux écueils :
- La mouche touche le sol à l’arrière et s’accroche :
la canne a beaucoup trop dépassé la verticale, défaut
extrêmement fréquent, pour s’incliner trop vers l’arrière en raison de la
trop grande souplesse du poignet qui laisse s’écarter le talon ! Il faut recommencer
en « visant le ciel » dans le mouvement arrière et en bloquant bien
le poignet et la canne à la verticale. Il ne faut pas hésiter lors
des premières séances pour corriger ce défaut à attacher le talon de la canne
au poignet avec un lien élastique (chambre à air),
- La soie se détend, tombe en paquet au pied du
pêcheur au lieu de se déployer en avant

L’arrêt de la canne à la verticale n’a pas été marqué,
la soie n’a pas eu le temps de se déployer vers l’arrière pour bander la canne
et bien préparer le lancer avant.. ! Il faut recommencer, bien marquer
l’arrêt de la canne, regarder si la soie est totalement
déployée et alors seulement repartir vers l’avant.
- Le bouclage :
La mouche s’accroche au cours du lancer avant, le plus souvent à la jonction
soie bas de ligne :

car l’arrêt à la verticale a été trop court, le lancer avant trop précoce
et la soie qui revient vers l’avant alors que le bas de ligne termine son
trajet vers l’arrière est accrochée par la mouche surtout si on fouette avant
arrière dans le même plan :répétons le : il faut bien marquer l’arrêt
et décrire une ellipse avec la pointe de la canne.
- Le vrillage : Le
bas de ligne se « tirebouchonne » puis s’emmêle en pointe après
quelques faux lancers et le dévrillage laisse une pointe fragilisée qu’il
faudra remplacer pour éviter la casse au premier ferrage
Pour pallier ce désagrément du au déséquilibre
entre la mouche qui fait « hélice » au bout d’une pointe
trop fine, il faut, dans les conditions de pêche « standard »
(hameçons et pointe de 10 à 20) pour équilibrer
Respecter
certaines règles !
1/ Ne pas descendre au dessous de 28 pour la
somme taille de l'hameçon+diamètre de la pointe : 14+14, 12+16,
10+18 (et ne pas monter au dessus de 30 car la pointe est alors trop grosse)

2/ Ne pas pêcher plus fin que 10 centièmes.
(Sauf
exception de nécessité de micro mouches, mais on n’est plus alors dans les
conditions « standard »)
3 / Eviter les mouches trop peu « aérodynamiques
avec des hackles trop "raides", (les "Saddle" Hoffman
fournissent des plumes d'extrême qualité, mais dont les barbes sont très "raides"),
des ailes (surtout les vernies), aérer les montages, supprimer les
cerques sur les doubles collerettes et les palmer car ils sont ici inutiles,

amputer en V
inversé au ciseau la demi circonférence inférieure des collerettes.
Les mouches qui ne présentent
pas ces caractéristiques prédisposant au vrillage, et notamment les
"culs de canard" très "vaporeuses", les mouches "voilier"
avec une seule aile en "toupet" ont beaucoup moins tendance
à faire vriller la pointe et permettent de déroger à cette règle qui garde,
en dehors d'elles, toute sa valeur
4/ Ne pas passer son temps en faux lancers qui
favorisent le vrillage, d'autant que la mouche ne pêche que sur l'eau (sauf
les hirondelles et les chauve souris!)
5/ Dévriller entre 2 feuilles de
cuir ou de chambre à air……et changer la pointe sans tarder! 
6/ Platil strong, Water Quin Gold, Téklon, Maxima,
Stroft, Umpqua, kamoufil ,… sont les fils qui d'après de nombreux utilisateurs,
chacun prêchant pour sa chapelle, vrilleraient le moins….. !

un bon poser doit être sinueux, doux, pour
ne pas matraquer le poisson avec un bas de ligne brutal : il faut que
la soie se pose en douceur en premier en faisant des sinuosités, et que le
bas de ligne et la mouche tombent ensuite naturellement à la surface après
l’avoir dépassée ; il doit être également précis, cela viendra petit
à petit.
- En fin de mouvement avant, abaisser la canne à 3
(ou 9) heures et laisser filer à l’horizontale la réserve
de soie tenue dans la main gauche : c’est le « coulé » ou
« shoot » : la soie file horizontalement sans frottement puis
ralentit et s’étend à la surface en douceur puis le bas de ligne et la mouche
la dépassent et le poser se fait rectiligne : mais c’est un
poser de concours et non de pêcheur.

Le poser du pêcheur doit
en effet être sinueux pour que la ligne ne soit pas tendue à la surface et
que la mouche ne drague pas immédiatement : il faut donc pour obtenir
ce résultat "donner du mou" à la ligne qui se pose en... la "retenant"
un peu en arrière au tout dernier instant en
-relevant un peu le pointe de
la canne à 2 (ou 10) heures
-et en bloquant avec la main gauche la soie qui filait librement, voire en
la tirant un peu vers l’arrière à la fin du shoot: Ce blocage (Qui ne
serait autre que le mélodieux « zurückgestoppterWurf »de
Hans Gebetsroither.
..)
marque un arrêt brusque du mouvement qui par effet de ressort, ramène en arrière
la soie qui se détend et se pose alors de façon sinueuse ainsi que le bas
de la ligne : le poser est réussi.

Ne vous préoccupez pas pour l’instant de la distance du lancer : la
plupart des poissons se prennent entre 5 et 10 mètres, au delà le ferrage
est souvent inefficace et le poisson ne se pique pas, inutile de vous fatiguer
au début, vous allongerez facilement avec la pratique ce qui d’ailleurs vous
sera plus utile en concours qu’en action de pêche.
LE FERRAGE

qui, au coup, se fait « au poignet », au lancer
par un mouvement de recul du bras, consiste en mouche sèche simplement à
tendre la ligne pour que le poisson s'empale de lui même en regagnant
son poste, et cette réaction doit être parfaitement contrôlée: en effet :
Trop faible : le
ferrage est inefficace
trop fort : « ça
casse »
trop précoce , ce qui
arrive quand on voit le poisson monter et que l’on ne peut se retenir,
on lui « enlève le pain de la bouche »

trop tardif , le poisson a déjà recraché.. !

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Il faut, sur une soie pas trop "longue sur l'eau", donc bien contrôlée
dans sa dérive et récupérée au fur et à mesure par la main gauche qui doit
toujours se repositionner au plus près du premier anneau pour garantir une
bonne marge de manœuvre :
1/ la tirer fermement de la main gauche pour
la raccourcir,
2 /lever en même temps la canne à bout de
bras plutôt vers l'avant (participation de l’épaule) pour tendre la ligne
en augmentant le distance canne –mouche : si l'on rate, le bas de ligne
ne doit pas s'envoler mais seulement glisser en arrière car le ferrage du
moucheur n'est pas un arraché, plutôt un "glissé" vers l'arrière!

Ca c'est la théorie
que j'essaye de mettre en pratique depuis toujours ...mais
comme tout le monde, j’ai cassé parfois un 14/100 au ferrage d'un poisson
moyen,
quand
je n'ai pas envoyé un poisson de 15 cm dans les arbres derrière moi:
C'est
quand même de plus en plus rare, avec l'âge !!
Quant à "attendre"
pour
retarder le ferrage, c'est vrai qu'il y a des jours au cours desquels ça paraît
nécessaire....on le "sent" assez nettement parfois au cours de la
partie de pêche, mais ce n'est pas une règle, (notamment sur les ablettes
), d’autant qu’interviennent également la longueur de soie sur l’eau, la « rapidité »
de la canne, le sens du courant., la notion très « subjective »
de « retard » car si les Anglais préconisent pour « retarder »
le ferrage de prendre le temps de dire « God save the Queen »,
ils ne disent pas… à quelle « vitesse »
!!.
Restent les jours ou on " rate"
tous
ses ferrages
Vérifiez en premier que….l’hameçon
n’est pas « cassé »
, cela arrive plus
souvent qu’on le croit et l’on n’y pense pas :

…..sinon…, s’il ne s’agit pas de tout petits poissons tout
juste capables de pincer quelques fibres de la collerette avec
le risque occasionnel de se piquer quand même (qui n’a « piqué »ainsi
un jour un vairon ou une minuscule ablette ??) il s’agit en fait souvent
de"refus", quelle qu'en soit la raison qu’on ne trouve pas forcément,
et c'est agaçant, car le changement de taille, de couleur ou de type de
mouche, de technique ou de pointe n'arrange pas toujours les choses!
Il m’est arrivé de prendre
"au
lasso"
une truite qui d'un coup de queue simulant un gobage (on
dit qu'elle "tape à noyer" dans l'hypothèse ou elle chercherait
à noyer la sèche pour la prendre sous la surface...,) avait réussi à faire
un noeud autour de sa queue avec la pointe du bas de ligne..alors que l’hameçon
n’était même pas piqué. !!!
J'en ai piqué aussi quelques unes
par
une nageoire
...., car elles s’étaient manifestement « retournées » sur la mouche
qu’elles étaient venues voir sans l’accepter !
Et j'ai réglé le problème
une
fois
sur le no kill du Dessoubre en.... demandant au mec qui
prenait devant moi ce qu'il voulait alors que je ratais tout: il m'a simplement
fait diminuer la taille de l'hameçon14 à 16......, et la, le miracle...
comme
sur les Nives en passant de 16 à ....20 pour l'hameçon...et de 12 à ..10 pour
la pointe, voire 8
….prétendent
les "locaux"!! !
Et puis, ce serait trop simple si « ça marchait à tous les coups »
et ……moins marrant,
non ??

